N'en jetez plus.

[ C'est en secret le corps d'une ombre qui m'enivre à contrecœur. ]

03 février 2012

Carton bitumé, feutre asphalté.

J'ai ta Chupa Chups encore emballée, Coca Cola, dans la poche gauche de mon trench, ta langue emballante dans ma bouche, encore plus sucrée, tes mains qui me touchent, collés serrés, et dans ta chambre c'est l'année des méduses sans Valérie Kaprisky, qui tombe à point nommé avec son titre russe d'antivirus.

Les cadavres livides ponctuent le parquet, traînent inaboutis, abandonnistes, inertes éponges jetées, le long des tentatives peu fructueuses de débuts d'ébats tendus, forcément, tu m'étonnes, dans ta piaule de geek où les pantalons se plient et ne se jettent pas tout à trac dans le feu de l'envie, où les cravates s'organisent côte à côte et triées bien raides dans leur tiroir, où il est sacrilège d'oser poser l'ombre d'une semelle de botte sur ton lit à bascule qui prend l'eau, se plie en deux, qui tangue, bateau nocturne qui m'a fait boire la tasse, dessaler, mais où trois mégots pioncent dans un cendar sans âge, où les photos ondulent au mur, cornées et sans éclat, lavées à la lune, où l'écran gris de l'ordi sert de veilleuse à un nounours doudou de 27 ans et quarante centimètres, anciennement blanc, devenu aveugle, qui me donne la patte quand je dors à sa droite, devant 70 fenêtres en vis-à-vis face à la tienne dont tu ne fermes pas le store, la tanière dans laquelle les femelles ne viennent plus depuis que tu sais, que tu encaisses, que tu en chies.

Tu n'es pas exhib' tu m'as dit pour rire, et je ne sais plus ce qui est drôle, tant j'ai perdu pied, tu aurais compris que je m'en aille, je ne suis pas sûre de saisir pourquoi je suis restée, quand j'aurais pu détaler, me carapater, prendre mes jambes à mon cou puis la porte, mon coeur au passage, la tangente évidente, mes cliques après la claque plutôt qu'un bout de ton clic-clac quand tu m'as mise minable, plutôt que plaisir à tenir tes cheveux filaments caressant nos visages, les envahissant, nos crânes dans la fonte du radiateur par intermittence, même pas mal, la douleur c'est pour les filles, et l'incohérence est un joli défaut, qui donne un charme bancal et du corps aux entités ennuyeuses, aux existences ternes, j'aurais pu dire, au lieu de le taire.
Le rat, même fait comme tel, n'a pas quitté le navire étranglé par la trouille, pris à la gorge, tu vois, et si le cafard me dévore, que l'effroi me submerge, que je sois huée si, irrationnellement, je ne reste pas, comme un capitaine, debout pour contempler le naufrage, jusqu'à l'apothéose, même à distance, même en silence, passive et impuissante.

Je suis désemparée, broyée, j'ai eu ma dose, depuis que t'as déballé le matos, parce que ta peau m'appelle et que la peur m'étreint, face à l'inconnu redouté, conformément à la logique, je flippe.
Il faut que ça sorte, que ça suinte, ça va se tasser, que ça se dilue jusqu'à devenir normal, un carnage banal, un gâchis ordinaire, l'habitude me dira si j'ai du cran, du caractère. Laisse-moi le temps de m'y faire.

On avait dit fastoche, paisible, on avait dit léger, pas inconsistant mais dématérialisant, pourquoi pas, sans drame, sans larmes, ou alors c'était moi, qui ai pensé trop fort, qui ai parlé trop vite, soliloqué, alors je me sens déboussolée, d'île isolée en péninsule hystérique mes frêles repères s'effritent, s'effondrent, c'est quoi ce bordel non contractuel, précipité, qui m'étourdit, je ne suis plus sobre...

Il faudra que je tienne en laisse mes lèvres qui fourchent, mes lapsus dévastateurs, arrêter l'humour noir et les vannes pas claires, de dire avec Carrefour je séropositive, ronger mon frein, être raisonnable et lucide, en conscience, sur le qui-vive, pour rester en vie, malaxer du latex, ingérer du plastique, c'est fantastique, jamais abandonnée, dans le contrôle et la vigilance.


Et toi Chloé, le ressort comique, l'ironie tragique, qui par texto me questionnes sur son hypothétique beauté fatale, surveille ton langage, et ne parle pas de malheur avec tes présages involontaires, qui s'y frotte s'y pique, je me suis déjà grillée, c'est pire, je voudrais pas m'empaler si je peux m'en passer, la vie à côté de moi je voudrais pas crever.


26 janvier 2012

C'est extrêmement pop, si t'es à jeun tu tombes en syncope.

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I was quite impressed until I hit the floor.

Indication : Traumatisme nasal le 18 décembre 2011. Persistance de couleurs et d'un petit oedème résiduel.

Résultats : Pas de lésion osseur traumatique décelable.

Aération normale des sinus de la face en dehors d'un petit épaississement muqueux d'une cellule ethmoïdale postérieure droite.

Les ostiums des sinus maxillaires les canaux naso-frontaux sont perméables de façon bilatérale.

Déviation de la cloison nasale à gauche avec un éperon nasal.

Présence de variations anatomiques exposant au risque chirurgical :

- discrète protrusion des canaux carotidiens au sein du sinus sphénoïdal avec une cloison s'insérant sur le canal gauche.

- asymérie de hauteur du toit de l'ethmoïde avec un toit gauche plus haut que le droit.

Pas de granulome apico-dentaire maxillaire supérieur.

Conclusion : Pas de lésion osseuse d'allure traumatique décelable.

Posté par Daisy Rondelle à 23:09 - Je vais bien tout va bien - Commentaires [0] - Permalien [#]
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Il était où, hein, le Youki.

j'en ai marre de ma tête, je me laisse pousser la barbe * je voudrais un wagon-lit dans le sens de la marche * je crois que les burqas ça me va pas trop, euh, les chapkas * alors je cherche et je trouverai cette fille qui me manque tant, alors je cherche et je trouverai cette fille qui me tente tant, qui me tente tant * bonjour, ici l'apocalypse, scénario catastrophe * cela ne devrait peut-être pas être permis de juger quoi que ce soit macabre quand l'on porte une écharpe de l'Olympique Lyonnais * qu'as-tu cherché quand tu m'as trouvée, dénichée par mégarde ? * c'est pas pour ma femme hein, j'ai pas de femme, je suis pas marié, c'est pour ma tante, c'est son anniversaire aujourd'hui * j'en ai marre de ma tête, je me fais greffer des roues * qui porte du Christian Lacroix peut porter n'importe quoi * frôlez-moi fantasmes, vous êtes la fièvre qui me réveille * je ne suis pas raisonnable, je n'arrive pas à me retenir, mes réactions débordent, c'est de l'incontinence émotionnelle * voilà qui se pose pile sur le tempo de mon coeur, poum poum tchac poum * c'est quoi la matière, c'est de l'argent ? non madame, c'est du plomb, ne vous touchez pas les yeux vous allez devenir aveugle * merci, merci, pour ce que tu as dit quand je suis partie, pour ce que tu as tu quand je suis revenue * je ne suis pas grosse, je suis burlesque * la culture c'est comme la confiture, si tu n'en as pas, ne viens pas à ma soirée crêpes * quand j'ai le ventre qui gargouille j'ai l'impression que c'est mon portable qui vibre parce que je reçois un texto * et patati et pâte à tarte, de fil en aiguille on a tricoté * tu sais, chaque fois que tu interromps quelqu'un, ton pénis devient de plus en plus petit * en supposant que l'autre ait peut-être fait pire tu prends de l'avance sur ta vengeance * j'en ai marre de ma tête, je me la coupe * une frange, finalement, ce n'est rien de plus qu'une moustache sur le front * tu es un tournevis, tu dévisses, tu es une vis, tu te fais dévisser * j'ai tout lu, tout bu, le vin du jazz, fumé tes clopes

17 octobre 2011

Je ne suis pas folle vous savez.

"Une femme voulant se venger a fait croire à son ex qu'elle avait eu des jumeaux de lui, un garçon mort à la naissance et une fille qui allait très bien. Pour accréditer son histoire, elle a "volé" 82 photos du bébé d'une de ses "amies" Facebook pour les mettre sur son propre profil. Le boyfriend y a cru, jusqu'au jour où il a vu des photos de sa fille imaginaire sur le mur de quelqu'un d'autre. La véritable mère de l'enfant a voulu porter plainte mais le vol de photos de bébés ne représente pas un délit."


10 octobre 2011

Dommage.

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Posté par Daisy Rondelle à 10:26 - Elle est courte mais elle est bonne - Commentaires [1] - Permalien [#]
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09 octobre 2011

La gourmandise est un vilain défaut, mais il est bon d'être vilaine.

La décision

Elle avait décidé que, lorsque la pointe de ses seins tomberait plus bas que la pliure de ses coudes, la vie ne vaudrait plus la peine d'être vécue.
Elle avait décidé que jamais son ventre ne devrait faire plus de deux plis lorsqu'elle était assise sur le bord de son lit devant l'armoire à glace.
Elle avait depuis longtemps tracé une ligne imaginaire sur ses cuisses au delà de laquelle ses fesses ne devaient pas descendre.
Il y avait aussi une qualité de peau d'orange qu'elle ne tolérerait pas, une forme de petite enflure au dessus du genou également.
Elle savait, pour avoir obsessionnellement étudié la question, que tout cela n'était passible d'aucun régime, d'aucune crème, d'aucun diurétique, d'aucun sauna, d'aucun coupe-faim, d'aucun biscuit repas au son, d'aucun gant de crin. Elle savait que c'était l'âge, et l'âge était une maladie dont elle ne devait pas se remettre.
Elle avait lutté si fort, s'était tant et tant battue contre elle-même à chaque repas, à chaque sortie, à chaque envie, qu'elle ne supporterait pas ces déchéances-là. Elle ne tolérerait pas son ventre flasque, ses jous creuses, ses mollesses, c'était un désaveu qu'elle n'accepterait pas de son corps après les soins qu'elle avait eus pour lui, après autant de grillades haricots verts, après autant d'oeufs durs crudités, après autant de radis sans beurre.
Lorsque le matin arrive où, au terme d'une inspection soignée, elle dut constater que l'inacceptable était advenu, elle décida, assise nue sur le bord de son lit, les épaules basses, le dos arrondi et le ventre sorti, de se suicider. Elle opta pour l'empoisonnement pur et simple, et choisit sans hésiter le poison.
Le soir même, elle mangeait trois babas, deux éclairs, une tartelette, et buvait une demi-bouteille de champagne.

Nouvelle issue du livre Les grosses rêveuses de Paul Fournel.

Posté par Daisy Rondelle à 13:44 - La minute culturelle - Commentaires [3] - Permalien [#]
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04 octobre 2011

Nichonneries.

La pudeur, c'est tellement surfait... Après tout, combien de membres parlottent sur les forums de Doctissimo, multipliant leurs frayeurs en espérant les diviser, jouant à agiter les marionnettes spectrales de leurs frousses mutuelles, afin d'envisager le pire pour souffler de soulagement du bénin ?

Bonsoir, ma fille !
Je t'ai recopié le compte-rendu de l'échographie.

ECHOGRAPHIE MAMMAIRE BILATERALE

L'exploration échotomographique a été réalisée avec une barrette haute fréquence.

Les deux seins sont denses, richement structurés à mailles régulières, de type mastosique. Dans le quadrant supéro-interne droit, la tuméfaction palpée s'inscrit comme une formation ovalaire à contours festonnés, d'environ 19 millimètres de grand axe à centre hyperéchogène pouvant évoquer une adénopathie intra-mammaire.

Toutefois, un contrôle échographique à 4 mois semble justifié afin de vérifier l'évolutivité.

Pas d'autre lésion focalisée solide ou liquidienne.

Pas d'atténuation acoustique péjorative.

CONCLUSION

Probable adénopathie intra-mammaire du quadrant supéro-interne droit, à recontrôler.

J'aimerais bien qu'on décrive mes seins comme "denses, richement structurés à mailles régulières" !
Chaque fois qu'on les décrit à une mammographie, les mots sont beaucoup moins flatteurs : "placards fibreux, irrégularités supéro-externes, plages de surdensité confluentes réparties de façon hétérogène asymétrique, mastopathie fibreuse, fibrose micro-nodulaire modérée avec des seins assez peu denses ; sur la face gauche, il y a une image de pli cutané banal..."
J'espère qu'on va vite te supprimer tes boules, en tous cas !
Bisou.

C'est cela oui, la castration ne me fait pas peur, et s'il est bon d'avoir les boules, appelez-moi Knacki Ball...

Horoscope du vendredi 9 septembre 2011 dans Direct Matin, morceau choisi : "Union parfaite avec certains Cancer. Cette journée s'annonce particulièrement faste." "...En espérant qu'il ne s'agisse pas de Cancer du Sein !"

Les chiffres sont donnés en vrac, à tout va, disponibles sur tous les supports, et ils diffèrent, sans plus d'explication : au cours de sa vie une femme sur sept, sur huit, sur neuf, sur dix, selon ce que les publications veulent bien nous dire, souffrira d'un cancer du sein... Hypocondriaque notoire, et autruche avérée, je ne sais pas si les cas autour de moi doivent plus me faire baliser ou au contraire me rassurer, en comptant à rebrousse-logique, une de plus qui l'a qui n'est pas moi, les proportions jouent en ma faveur... L'angoisse est plus innée, féminine, intérieure, que fondée sur un raisonnement quelconque, mais comment ne pas craindre des maux si intimes, quand les douleurs s'y logent ? Toute guerrière que je puisse vouloir être, je préfèrerais ne rester amazone que pour la métaphore... Cachez ce sein que je voudrais voir encore, je ne veux pas que l'on m'en coupe un, ou deux, pour en faire des ravioles, amis cinéphiles de soirées basses de plafond je vous salue à la même hauteur...

Posté par Daisy Rondelle à 21:59 - Cellule psychologique - Commentaires [0] - Permalien [#]
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01 septembre 2011

Colchiques dans les prés, c'est la fin de l'été.

Cet été...

Mamie Marcelle m'a appris qu'il était possible de mettre de la confiture dans son yaourt * j'ai eu affaire à des mains expertes mais trop furtivement à mon goût * j'ai marché sur une abeille allergène * je me suis envisagée sur roulettes et parmi les Bruised Beauties avec ou sans eye liner de biche dragueuse * j'ai découvert la ville la plus laide de France * j'ai explosé les moyennes du pleuromètre * j'ai fait mumuse avec des bubulles colorées * je me suis sentie mieux dans les strings de ma boss que dans les jupes de ma mère * j'ai mangé des moules mais elles étaient rudement petites et aucun lien n'est à établir avec l'information précédente * mon indéfectible attirance pour les longues chevelures ne s'est pas estompée * j'ai rêvé de ma grand-mère en lépreuse zombie et de mon couple aux identités mêlées et sexes intervertis * ma curiosité m'a joué des tours de passe-passe et j'ai passé mon tour * j'ai battu mon record de course * une jolie camarade de lycée m'a fait du pied par téléphone * ma boss m'a offert un sac en python * je n'ai pas vu beaucoup d'étoiles et à peine plus d'arcs-en-ciel * j'ai passé la majeure partie de mon temps à être franchement très mal coiffée * mon appareil photo n'a pas repris de service pour les vacances d'abord par oubli de chargeur puis par absence d'intérêt des sujets potentiels * j'ai bouffé pour quarante et fait du sport pour zéro et demi * Conan le Barbare a tellement fait bander mes yeux que mon cerveau et mon sens critique en ont oublié d'être consternés * j'ai bu de la Kasteel Rouge magique et mangé de la galette charentaise à la crème de pruneaux * la presse masculine type FHM et Men's Health m'a fait du gringue et sourire mais une fois encore mon second degré en a pris pour son grade et j'ai fini presque écoeurée * j'ai fini "La Vagabonde" de Colette et lu "Les Choses" de Georges Pérec comme si j'avais décidé de m'abonner sciemment à la mélancolie * mon coeur a sautillé quand Mathilde m'a offert l'un de ses attrape-rêves * j'ai peaufiné mon affreux bronzage de coureuse en forme de short et de chaussettes * j'ai caressé des rêves d'hôtesse de l'air d'été et de futurs jobs potentiels en Louisiane * j'ai bien enregistré que si grand soit le désespoir nocturne et si diluviennes en soient les issues nul n'est censé éponger sa tristesse dans des feuilles de Sopalin plutôt que dans des Kleenex quand seul un rouleau a été emporté pour les vacances et qu'en somme le sens des priorités est une qualité qui se perd ma bonne dame * je me suis mise et surprise à aimer les cerises * j'ai regretté mes fantômes et leur ai parlé à voix basse * je me suis lavée au café * je me suis perdue plusieurs fois mais jamais pour toujours * j'ai vu Gustave Parking qui se met à ressembler au croisement de William Leymergie et Pierre Perret et revu Julien qui ressemble assez conformément à l'évolution logique du souvenir que j'en avais * j'ai remarqué comme il était étrange que j'aime les filles qui ressemblent à Kirsten Dunst et que je n'aime pas Kirsten Dunst

Et vous ?

29 août 2011

Maintenant, délivrez-moi, de tout et de son contraire, et du contraire du contraire.

Au lieu de lui dire : "Prends-moi !" je lui demande : "Que me donnes-tu ? Un autre moi-même ? Il n'y a pas d'autre moi-même. Tu me donnes un ami jeune, ardent, jaloux, et sincèrement épris ? Je sais : cela s'appelle un maître, et je n'en veux plus... Il est bon, il est simple, il m'admire, il est sans détour ? Mais alors, c'est mon inférieur, et je me mésallie... Il m'éveille d'un regard, et je cesse de m'appartenir s'il pose sa bouche sur la mienne ? Alors, c'est mon ennemi, c'est le pillard qui me vole à moi-même ! ... J'aurai tout, tout ce qui s'achète, et je me pencherai au bord d'une terrasse blanche, où déborderont les roses de mes jardins ? Mais c'est de là que je verrai passer les maîtres de la terre, les errants ! ... - Reviens ! supplie mon ami, quitte ton métier et la tristesse miséreuse du milieu où tu vis, reviens parmi tes égaux... - Je n'ai pas d'égaux, je n'ai que des compagnons de route..."

La Vagabonde, de Colette.

Posté par Daisy Rondelle à 16:00 - La minute culturelle - Commentaires [0] - Permalien [#]
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