N'en jetez plus.

[ C'est en secret le corps d'une ombre qui m'enivre à contrecœur. ]

29 août 2011

Maintenant, délivrez-moi, de tout et de son contraire, et du contraire du contraire.

Au lieu de lui dire : "Prends-moi !" je lui demande : "Que me donnes-tu ? Un autre moi-même ? Il n'y a pas d'autre moi-même. Tu me donnes un ami jeune, ardent, jaloux, et sincèrement épris ? Je sais : cela s'appelle un maître, et je n'en veux plus... Il est bon, il est simple, il m'admire, il est sans détour ? Mais alors, c'est mon inférieur, et je me mésallie... Il m'éveille d'un regard, et je cesse de m'appartenir s'il pose sa bouche sur la mienne ? Alors, c'est mon ennemi, c'est le pillard qui me vole à moi-même ! ... J'aurai tout, tout ce qui s'achète, et je me pencherai au bord d'une terrasse blanche, où déborderont les roses de mes jardins ? Mais c'est de là que je verrai passer les maîtres de la terre, les errants ! ... - Reviens ! supplie mon ami, quitte ton métier et la tristesse miséreuse du milieu où tu vis, reviens parmi tes égaux... - Je n'ai pas d'égaux, je n'ai que des compagnons de route..."

La Vagabonde, de Colette.

Posté par Daisy Rondelle à 16:00 - La minute culturelle - Commentaires [0] - Permalien [#]
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