Les absents ont tous la même peau.
"Ces derniers temps j'ai pas mal pensé à Mathilde, à Cyril, à mon grand-père, et même, chose extrêmement rare, à Romualdo, mon espagnol de frère que je ne connais pas. L'autre jour, le lendemain ou surlendemain de quand je t'ai dit que je me demandais ce que cela faisait d'avoir un frère, et que tu as dit "Moi aussi". Alors j'ai tapé ce que je suppose être son nom complet sur Facebook, puis des bouts, prénom, morceaux de nom, mais rien. Je ne le trouverai probablement jamais. J'ai pensé aussi que la seule fois que j'avais parlé avec le cœur à mon père était peut-être celle où je lui avais dit que j'avais peut-être 50% de ses gènes, mais qu'il resterait toujours un étranger, et que depuis tout le reste n'avait été qu'anecdotique et désincarné, et que ce serait sûrement toujours ainsi. C'est la tournée des disparus, "je vois des gens qui sont morts", à divers degrés, je suis pleine de manques émotionnels..."