N'en jetez plus.

[ C'est en secret le corps d'une ombre qui m'enivre à contrecœur. ]

29 août 2011

Je vous ai vu en rêve, vous m'avez dévorée.

Bizarrerie des rêves, ou comment caser mille éléments dans quelques secondes de sommeil, qui en paraissent tellement plus, autant de minutes. Un expresso, une expression, café codé, songe serré, la tentative d'attentat du subconscient qui s'incruste...

Collée contre son épaule, j'ai rêvé de lui, de nous. C'était étrange. Je voulais lui faire une fellation, et ne voyais pas son visage, seulement son corps, et, pendant que seuls son ventre, son torse, m'apparaissaient dans le champ, il m'a dit, avec ma voix et ma tête, "C'est presque aussi bien que quand tu me fais des choses, c'est totalement différent", et je me suis alors demandé qui j'étais, moi, ou lui, avec mon visage, ou le sien, sur les épaules, une fille ou un garçon, et lui, ou les deux, et lui aussi, et je me suis dit "Ce n'est pas normal, donc c'est un rêve, donc je dors", et cette logique implacable m'a réveillée en sursaut... Chute brutale du rêve qui se brise, et se désagrège, sitôt la supercherie décelée, et le doigt mis sur l'anomalie...

Tombée à la renverse hors de mes songes je n'avais alors dormi qu'une minute, à peine, même pas. J'avais rêvé en noir et blanc, j'avais rêvé photographique, avec cadrages choisis, lumières d'ambiance. Ce rêve était, en plus, semblable à la photo de lui paraissant mordre le cou de son ancienne copine sur une vieille image se voulant sensuellement vampirique que j'avais vue il y a longtemps, posée sur la cheminée, les poses avaient des similitudes...

Comme si j'étais lui et moi à la fois, et lui doté d'une sexualité masculine et féminine, comme si j'étais une autre que moi et moi en même temps, dans l'imagerie de quelqu'un d'autre, et sans visage, sans voix... En douze seconde et quinze dizièmes le message m'est parvenu morcelé, à laisser décanter, à laisser infuser, cerveau, quitte à retenter une attaque mentale un peu plus tard, lors d'un sommeil plus profond, moins accessible... Ne pas laisser sur sa faim, sans la fin, la créature hybride ainsi multipliée, avide d'une suite, en déficit de totalité.


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